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2007 : LA VIE EN ROSE
Mardi 3 octobre
, Didier Mathus, député, et François Hollande, premier secrétaire du Parti Socialiste, ont adressé le courrier suivant à M. Michel Boyon, président du Conseil
Supérieur de l’Audiovisuel, au sujet du temps de parole de M. Nicolas Sarkozy :
" Monsieur le Président,
L’expression des grands courants politiques dans les médias est gravement déséquilibrée par les interventions répétées du Président Sarkozy.
La tradition sur laquelle s’appuyait jusqu’à présent le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel pour ne pas prendre en compte le temps d’expression du Chef de l’Etat n’est plus de mise. L’évolution
institutionnelle voulue et revendiquée par M. Sarkozy, « un président qui gouverne » selon ses propres termes, rend sans objet la règle précédente, dite des trois tiers (1/3 gouvernement, 1/3
majorité, 1/3 opposition).
Aujourd’hui, le Président conduit la politique de la Nation. De plus, il la commente abondamment ainsi qu’il l’a fait jeudi dernier durant cinquante minutes sur les deux principales chaînes
généralistes.
Dans ces conditions, il devient impérieux de faire évoluer la règle pour imposer un minimum d’équité dans l’expression des grands courants politique de notre pays.
Le temps d’exposition médiatique du Président doit désormais être pris en compte au même titre que celui du gouvernement.
La décision n° 279257 du Conseil d’Etat, à laquelle vous vous référez pour justifier la non prise en compte des interventions du Président de la République, ne visait d’ailleurs que la campagne
du référendum de 2005, et ne saurait donc s’appliquer à la situation actuelle.
Par ailleurs, devrait être également décompté le temps d’expression publique des collaborateurs du Président. Messieurs Guéant, Guaino ou Martinon sont en effet très présents dans les médias.
Enfin nous souhaitons que le CSA rende publics les chiffres concernant le temps de parole du Président et de ses collaborateurs. Nous savons que ce décompte est effectué comme cela est apparu en
2005 sur le site même du CSA qui avait indiqué alors les chiffres concernant Jacques Chirac.
Le déséquilibre actuel ne saurait perdurer. C’est une question de démocratie.
Nous ne contestons nullement la faculté du Président de s’exprimer tant qu’il le souhaite. Nous voulons simplement que la règle qui protège le pluralisme dans notre pays soit adaptée à la
nouvelle donne institutionnelle ".
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